# PER Suravenir avis : un bon plan épargne retraite ?

Dans un contexte de réforme des retraites et d’incertitudes croissantes sur les pensions futures, les Français sont de plus en plus nombreux à rechercher des solutions d’épargne longue pour sécuriser leur avenir financier. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose comme l’outil privilégié depuis la loi PACTE de 2019, remplaçant progressivement les anciens dispositifs comme le PERP ou le contrat Madelin. Parmi l’offre pléthorique du marché, le PER Suravenir attire l’attention des épargnants grâce à sa structure tarifaire compétitive et sa gamme d’investissement diversifiée. Distribué par Meilleurtaux Placement, ce contrat bénéficie de la solidité financière du groupe Crédit Mutuel Arkéa, tout en proposant des frais d’entrée nuls et un accès libre au fonds euros. Mais ce positionnement suffit-il à en faire un choix pertinent pour votre projet retraite ? L’analyse approfondie des caractéristiques techniques, de la performance historique et des modalités fiscales permet d’évaluer objectivement la pertinence de ce placement.

Présentation du contrat PER suravenir : structure juridique et caractéristiques techniques

Architecture du plan d’épargne retraite individuel suravenir

Le PER Suravenir s’inscrit dans la catégorie des plans d’épargne retraite individuels (PERIN), un contrat d’assurance de groupe multisupport régi par les articles L. 224-1 et suivants du Code monétaire et financier. Géré par Suravenir, société anonyme au capital de 1,305 milliard d’euros, ce dispositif bénéficie d’un ratio de solvabilité supérieur à 300 % selon les dernières données disponibles, garantissant une solidité financière remarquable. L’adhésion est ouverte à toute personne physique majeure, résidente fiscale française, qu’elle soit salariée, travailleur non salarié ou même sans activité professionnelle.

La structure juridique du contrat repose sur un mécanisme d’assurance collective à adhésion facultative, où l’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte et garantit le capital investi sur le fonds euros. Le versement initial minimum s’établit à 1 000 euros, un seuil relativement accessible qui peut toutefois constituer une barrière pour les jeunes actifs. Les versements programmés peuvent débuter à partir de 100 euros mensuels, permettant une alimentation régulière du contrat. Cette souplesse contractuelle favorise l’adaptation aux capacités d’épargne variables au fil de la carrière professionnelle.

Compartiments disponibles : versements volontaires, transferts et déblocage anticipé

Le dispositif PER Suravenir organise l’épargne en trois compartiments distincts conformément à la réglementation PACTE. Le premier compartiment accueille les versements volontaires individuels, déductibles du revenu imposable dans les limites fiscales en vigueur. Ces versements représentent généralement la part la plus importante de l’épargne constituée, avec un plafond de déduction calculé sur la base de 10 % des revenus professionnels, plafonné à 32 909 euros pour 2024. Le deuxième compartiment reçoit les sommes issues de l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement), transférées depuis un PER collectif ou un ancien PERCO.

Le troisième compartiment, moins fréquemment alimenté, correspond aux versements obligatoires effectués dans

le cadre d’un PER obligatoire d’entreprise (PERO) antérieur. Ce compartiment obéit à des règles de sortie plus contraignantes, puisque les sommes issues des versements obligatoires ne peuvent être liquidées qu’en rente viagère, sans possibilité de sortie intégrale en capital. En pratique, la majorité des épargnants particuliers qui ouvrent un PER Suravenir en direct alimentent surtout le compartiment des versements volontaires et, le cas échéant, celui des transferts en provenance d’anciens dispositifs (PERP, Madelin, article 83, PER d’autres assureurs).

Comme tout PER, le contrat Suravenir prévoit également plusieurs cas de déblocage anticipé avant l’âge légal de la retraite : acquisition de la résidence principale, invalidité de 2e ou 3e catégorie, décès du conjoint ou partenaire de PACS, fin de droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire. Ces cas restent encadrés par la loi et doivent être justifiés par des pièces administratives, mais ils apportent une certaine souplesse à un produit souvent perçu comme « bloqué ».

Supports d’investissement : fonds euros opportunités 2 et unités de compte

Le PER Suravenir proposé en ligne via Meilleurtaux Placement s’articule autour d’un fonds en euros dédié à la retraite, souvent commercialement désigné comme « Fonds Euros Retraite » et adossé à l’actif général de Suravenir. Ce fonds vise une gestion prudente principalement obligataire, avec un objectif de régularité du rendement et une garantie du capital net de frais de gestion. Point important : l’accès au fonds euros est libre, sans contrainte de versement minimum en unités de compte, ce qui n’est pas le cas de tous les PER du marché.

En complément, l’épargnant peut investir sur un large univers d’unités de compte (UC) : plus de 300 à 400 supports selon les millésimes commerciaux, comprenant des OPCVM actions et obligations, des fonds diversifiés, des supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) et des ETF (trackers). Les SCPI et SCI permettent d’introduire une dimension « pierre-papier » au sein du PER, tandis que les ETF offrent une exposition diversifiée aux indices actions mondiaux avec des frais internes réduits. Comme pour tout support en unités de compte, le capital n’est pas garanti et la valeur de l’investissement fluctue à la hausse comme à la baisse en fonction des marchés financiers et immobiliers.

Dans certains montages distribués via des CGP (comme la gamme Vie Plus), Suravenir met également en avant un fonds euros opportuniste type Opportunités 2, plus offensif que l’actif général classique et potentiellement plus rémunérateur à long terme. Ce fonds peut intégrer une part accrue d’immobilier, d’actions ou de dettes privées, en contrepartie d’une gestion plus dynamique. Il convient alors de bien vérifier dans la notice d’information les conditions d’accès (taux de répartition minimum en unités de compte, plafonds de versement, période promotionnelle).

Frais de gestion, d’entrée et d’arbitrage du PER suravenir

L’un des principaux atouts du PER Suravenir distribué en ligne réside dans sa structure de frais allégée. Les frais sur versements sont fixés à 0 %, ce qui signifie que chaque euro versé est intégralement investi sur les supports choisis, sans ponction à l’entrée. Cette caractéristique distingue nettement ce contrat des PER commercialisés en agence bancaire ou via certains CGP, où les frais d’entrée peuvent encore atteindre 3 à 4,5 % du montant versé.

Les frais de gestion annuels s’élèvent à 0,60 % sur les unités de compte et 0,80 % sur le fonds en euros, des niveaux compétitifs au regard de la moyenne du marché des PER assurantiels (souvent entre 0,70 % et 1 % en gestion libre). À ces frais de gestion de l’enveloppe s’ajoutent, pour les UC, les frais propres à chaque support (frais de gestion internes des OPCVM, SCPI, ETF…), généralement compris entre 0,10 % et 2 % selon la nature du produit. Les arbitrages en ligne sont gratuits et illimités, ce qui permet de réallouer son portefeuille sans friction supplémentaire, un point clé pour les épargnants qui souhaitent ajuster régulièrement leur allocation.

En gestion pilotée via mandat d’arbitrage, une surcouche de frais (environ 0,30 % supplémentaires sur les UC) peut s’appliquer, portant le coût total autour de 0,90 % par an. Cette rémunération couvre le service de gestion déléguée proposé par des sociétés de gestion partenaires (Yomoni, Lazard Frères Gestion, Schroders, etc.). Enfin, les frais de transfert sortant sont encadrés par la loi à 1 % maximum de l’encours et deviennent nuls après 5 ans de détention du contrat transféré. Sur le PER Suravenir en ligne, ils sont généralement appliqués à ce maximum réglementaire lorsqu’un transfert vers un autre PER est demandé avant ce délai.

Performance du fonds euros opportunités 2 et allocation d’actifs

Rendement historique 2020-2024 du fonds euros suravenir

Pour évaluer objectivement un PER, il est essentiel d’examiner la performance historique du fonds en euros, qui constitue bien souvent le socle sécurisé de l’allocation. Sur le PER Suravenir distribué en ligne, le Fonds Euros Retraite a servi les rendements nets de frais de gestion (hors prélèvements sociaux et fiscaux) suivants :

Année Rendement net du fonds euros retraite
2020 1,70 %
2021 1,50 %
2022 2,10 %
2023 2,65 %
2024 3,00 %

On observe une tendance haussière marquée depuis 2021, portée par la remontée des taux obligataires et la capacité de Suravenir à reconstituer progressivement le rendement de son actif général. Avec 3 % en 2024, le fonds se situe au-dessus de la moyenne du marché des fonds euros (autour de 2,4 %), ce qui confirme le positionnement compétitif de l’assureur sur ce segment. Bien entendu, ces performances passées ne préjugent pas des rendements futurs, mais elles donnent une indication de la qualité de la gestion sur un cycle de taux en transition.

Dans certains réseaux partenaires comme Vie Plus, Suravenir propose en parallèle un fonds euros retraite bonifié (type Opportunités 2) avec un objectif de rendement plus élevé, parfois annoncé autour de 4 % net dans le cadre d’opérations promotionnelles temporaires. Ces bonus sont le plus souvent conditionnés au respect d’un quota minimum d’unités de compte et à une durée de détention, d’où l’importance de lire attentivement les conditions particulières. Pour un épargnant qui privilégie la sécurité à long terme, l’actif général « classique » du PER Suravenir constitue toutefois déjà un socle intéressant.

Composition du portefeuille obligataire et immobilier sous-jacent

Le moteur de performance du fonds euros Suravenir repose majoritairement sur un portefeuille obligataire diversifié. L’actif général est composé en grande partie d’obligations d’États de la zone euro (France, Allemagne, pays core) et d’obligations d’entreprises investment grade, c’est‑à‑dire notées de qualité satisfaisante à élevée. L’assureur se positionne également sur des dettes privées, des obligations sécurisées (covered bonds) et, à la marge, sur du high yield soigneusement sélectionné pour doper légèrement le rendement.

En complément de ce socle obligataire, Suravenir intègre une poche d’actifs réels : immobilier d’entreprise (bureaux, commerces, logistique) via des SCPI internes ou des véhicules immobiliers dédiés, infrastructures (énergies renouvelables, réseaux) et parfois private equity via des fonds fermés. Cette diversification vise à capter des primes de risque supplémentaires sur le long terme et à lisser les cycles de taux. Pour l’épargnant, on peut comparer cette approche à un « moteur hybride » : le bloc obligataire apporte la stabilité, tandis que l’immobilier et les actifs alternatifs injectent davantage de couple (de rendement) quand les marchés sont porteurs.

La part exacte de chaque classe d’actifs varie au fil du temps en fonction des conditions de marché et des contraintes prudentielles de l’assureur (règles de Solvabilité II, appétit au risque, duration cible). Toutefois, Suravenir communique régulièrement dans ses rapports annuels sur la répartition de l’actif général, ce qui permet de vérifier que la stratégie reste en ligne avec le profil de risque attendu d’un fonds euros retraite : prudence, diversification, recherche de rendement récurrent plutôt que performance ponctuelle.

Mécanisme de provision pour participation aux bénéfices (PPB)

Un élément clé, souvent mal compris, dans la performance des fonds euros est la provision pour participation aux bénéfices (PPB). Concrètement, lorsqu’une année est particulièrement favorable (hausse des marchés obligataires, bonnes plus-values réalisées), l’assureur n’est pas obligé de redistribuer immédiatement l’intégralité de ce surplus aux assurés. Il peut en mettre une partie en réserve sous forme de PPB, qu’il se réserve le droit de redistribuer dans un délai maximum de 8 ans.

Suravenir utilise cette mécanique pour lisser les rendements du fonds euros dans le temps : en période de taux bas, la PPB constituée les années antérieures peut être mobilisée pour maintenir un niveau de taux attractif, tandis qu’en période de remontée des rendements, une part des gains est mise de côté pour le futur. Pour l’épargnant, la PPB fonctionne en quelque sorte comme un « matelas amortisseur » qui atténue les à-coups de marché, à la manière des amortisseurs d’une voiture qui absorbent les irrégularités de la route.

La réglementation impose à l’assureur de redistribuer la PPB aux assurés dans un délai déterminé, ce qui garantit que ces réserves profitent bien, in fine, aux détenteurs du fonds euros. Dans vos analyses comparatives, il peut donc être judicieux de ne pas regarder uniquement le taux servi chaque année, mais aussi le niveau de PPB publié par l’assureur : un stock de PPB significatif constitue souvent un signal positif pour les rendements futurs du fonds euros retraite.

Fiscalité du PER suravenir : déductibilité et imposition à la sortie

Plafond de déduction fiscale et calcul du disponible fiscal annuel

L’un des principaux arguments du PER Suravenir tient à sa fiscalité attractive à l’entrée. Les versements volontaires effectués sur le compartiment dédié sont en effet déductibles de votre revenu imposable, dans les limites fixées par l’article 163 quatervicies du Code général des impôts. Pour un salarié, le plafond de déduction correspond à 10 % des revenus professionnels nets de frais de l’année N‑1, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (Plafond annuel de la Sécurité sociale), soit 10 % de 8 × 43 992 € en 2024, ce qui donne un plafond maximal de 35 193 € environ.

Si vos revenus sont faibles ou irréguliers, un plancher de 4 114 € s’applique, ce qui permet malgré tout une déduction minimale. Pour les travailleurs non salariés (TNS), le plafond de déductibilité est plus élevé : 10 % du bénéfice imposable, dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. L’administration fiscale calcule chaque année votre disponible fiscal PER, visible sur votre avis d’imposition, qui tient compte des cotisations déjà versées sur des dispositifs retraite (PER d’entreprise, contrats Madelin, Préfon, etc.).

En pratique, il est essentiel de ne pas dépasser ce plafond de déduction, sous peine de perdre l’avantage fiscal. Vous pouvez également, sous certaines conditions, utiliser le disponible non consommé des trois années précédentes, ce qui permet de lisser vos efforts d’épargne en fonction de la variabilité de vos revenus. Une approche fréquente consiste à concentrer les versements sur le PER Suravenir les années où votre tranche marginale d’imposition (TMI) est la plus élevée (30 %, 41 %, voire 45 %), afin de maximiser l’économie d’impôt à l’entrée.

Prélèvement forfaitaire unique versus barème progressif en phase de liquidation

Si la fiscalité à l’entrée du PER Suravenir est attractive, il ne faut pas oublier que l’impôt est reporté à la sortie. Lors de la liquidation du plan à la retraite, la fiscalité applicable dépend de la nature des sommes (versements déduits ou non déduits, épargne salariale) et du mode de sortie (capital ou rente). Pour les versements volontaires que vous avez choisis de déduire, le capital correspondant à ces versements est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la sortie, tandis que les gains (intérêts, plus-values) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option globale pour le barème.

Vous avez donc, au moment de la liquidation, un arbitrage à réaliser entre PFU et barème progressif pour les produits du PER. Si votre TMI à la retraite est faible (11 % ou 0 %), il peut être opportun d’opter pour le barème afin de réduire l’impôt sur les gains, surtout en cas de sortie fractionnée en capital qui étale les encaissements dans le temps. En revanche, si vous restez imposé dans une tranche élevée, le PFU à 12,8 % sur les produits peut s’avérer plus intéressant. La stratégie fiscale doit donc être pensée de manière globale, en tenant compte non seulement du PER Suravenir, mais aussi des autres revenus (pensions de base, complémentaires, revenus fonciers, dividendes, etc.).

Taxation des plus-values sur unités de compte et abattement applicable

Sur la part investie en unités de compte, la fiscalité suit les mêmes règles de principe : les gains accumulés (plus-values, intérêts capitalisés, loyers réinvestis via les SCPI, etc.) restent capitalisés sans imposition tant que vous ne procédez pas à une sortie du PER. Ce n’est qu’au moment de la liquidation (rente ou capital) que l’administration fiscale se penche sur la ventilation entre capital et produits pour appliquer la taxation adéquate. Contrairement à l’assurance vie, il n’existe pas d’abattement annuel spécifique sur les gains (type 4 600 € ou 9 200 € après 8 ans) dans le cadre du PER.

En revanche, pour les sorties en capital issues de versements non déduits ou d’épargne salariale, une partie des produits peut bénéficier d’un régime plus favorable. Les versements non déduits sont, par définition, exonérés d’impôt sur le revenu à la sortie (puisqu’ils n’ont pas ouvert droit à avantage fiscal à l’entrée), seuls les gains étant alors imposés (PFU ou barème, au choix). Par ailleurs, dans le cadre des sorties en rente, un abattement spécifique existe sur la quote-part de rente considérée comme un revenu (rente viagère à titre onéreux), en fonction de votre âge au moment de la liquidation : seule une fraction de la rente (30 % à 70 %) est imposable, avec application des prélèvements sociaux sur cette même fraction.

Optimisation fiscale : article 163 quatervicies du CGI

L’article 163 quatervicies du CGI constitue la pierre angulaire de l’optimisation fiscale du PER Suravenir. En jouant intelligemment sur le couple TMI à l’entrée / TMI à la sortie, il est possible de transformer le PER en véritable levier d’arbitrage fiscal intertemporel. Imaginons par exemple un contribuable imposé à 41 % pendant sa vie active qui anticipe une TMI de 11 % à la retraite : chaque 1 000 € versé sur son PER Suravenir lui procure une économie d’impôt immédiate de 410 €, tandis que le capital retiré plus tard sera imposé à un taux nettement inférieur.

On peut comparer ce mécanisme à un « échangeur d’autoroute » fiscal : vous entrez dans le PER à une sortie très taxée, mais vous ressortez plus loin sur un tronçon moins chargé, voire partiellement exonéré. Bien entendu, cette stratégie suppose une certaine visibilité sur votre trajectoire de revenus et de patrimoine, d’où l’intérêt d’être accompagné par un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert-comptable pour simuler plusieurs scénarios. Notons enfin que vous pouvez choisir, chaque année, de ne pas déduire tout ou partie de vos versements ; cette option est pertinente si votre TMI est faible ou si vous privilégiez une sortie future avec fiscalité allégée sur le capital.

Modalités de sortie : rente viagère versus capital

Table de mortalité TGH05 et calcul du taux de conversion

Au moment de la retraite, le PER Suravenir offre un choix entre une sortie en capital (en une fois ou fractionnée) et une sortie en rente viagère, ou un panachage des deux. En cas de sortie en rente, l’assureur applique des tables de mortalité réglementaires, généralement les tables TGH05/TGF05 (hommes/femmes) qui intègrent l’allongement de l’espérance de vie. Ces tables servent à calculer le taux de conversion du capital en rente : plus l’espérance de vie est longue, plus la rente annuelle sera faible pour un même capital, puisqu’elle doit être versée sur une durée théorique plus étendue.

Le taux de rente dépend également de l’âge exact au moment de la liquidation, du sexe, des options choisies (réversion, annuités garanties, indexation) et du taux technique éventuellement retenu (taux d’intérêt anticipé par l’assureur dans le calcul de la rente). Certains contrats, dont le PER Suravenir dans certaines configurations, peuvent offrir une garantie de table à la souscription ou à la liquidation, c’est‑à‑dire la possibilité de figer les conditions de calcul de la rente pour se prémunir contre une éventuelle dégradation future des tables de mortalité.

En pratique, il est recommandé de demander à l’assureur plusieurs simulations de rente viagère pour différents âges de départ et différentes options, afin de mesurer l’impact concret sur le montant du complément de revenu. La rente apporte une sécurité intéressante (revenu garanti à vie), mais elle implique une forme de renoncement au capital, sauf options spécifiques de réversibilité ou de rachat limité qui viennent en réduire le montant.

Options de réversion et annuités garanties sur la rente suravenir

Le PER Suravenir propose un éventail d’options de rente permettant d’adapter le contrat à votre situation familiale et à vos objectifs patrimoniaux. Outre la rente viagère simple (versée jusqu’au décès de l’assuré), il est possible d’opter pour une rente réversible au profit d’un conjoint ou d’un bénéficiaire désigné, avec un taux de réversion généralement modulable (60 %, 70 %, 100 %). Plus le taux de réversion choisi est élevé, plus la rente initiale servie à l’assuré est réduite car l’assureur s’engage potentiellement sur une durée plus longue de versement.

Le contrat permet aussi de mettre en place des annuités garanties, c’est‑à‑dire une période minimale pendant laquelle la rente sera versée, même en cas de décès précoce de l’assuré (par exemple 10 ou 15 ans). Là encore, cette sécurité pour les héritiers se traduit par une légère diminution du montant de la rente initiale. Certaines formules de rente majorée/minorée par paliers (rente plus élevée en début de retraite, puis réduite ensuite, ou inversement) peuvent également être proposées, afin de coller à vos besoins de revenus dans le temps (voyages, travaux, baisse des dépenses à un âge avancé, etc.).

Ces options rendent la rente Suravenir modulable, mais complexifient aussi le choix pour l’épargnant. Avant d’opter définitivement pour une rente viagère, il peut être judicieux de comparer, avec des chiffres précis, différents scénarios : sortie 100 % en capital, capital fractionné sur 15 à 20 ans, rente simple, rente réversible… Une approche combinée (par exemple 60 % en capital, 40 % en rente) permet souvent de trouver un compromis entre sécurité de revenu et transmission du capital.

Conditions de déblocage anticipé : primo-accession, invalidité et surendettement

Si le PER Suravenir est conçu comme un placement long terme, la loi prévoit plusieurs cas de déblocage anticipé, qui constituent autant de soupapes de sécurité. Le cas le plus courant est celui de l’acquisition de la résidence principale : vous pouvez demander le rachat anticipé de tout ou partie de votre épargne retraite pour financer l’achat de votre première résidence principale, y compris pour un logement en VEFA ou une construction. Ce cas ne s’applique en revanche pas aux sommes issues du compartiment des versements obligatoires.

Les autres cas de sortie anticipée sont liés à des accidents de la vie : invalidité de 2e ou 3e catégorie de l’assuré, de son conjoint ou d’un enfant, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement constaté par la commission de surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire. Dans ces situations, le PER Suravenir peut être débloqué partiellement ou totalement, avec une fiscalité spécifique parfois plus favorable (exonération d’impôt sur le revenu sur une partie des sommes, mais prélèvements sociaux maintenus sur les produits dans certains cas).

Il est important de garder en tête que ces cas restent exceptionnels et ne doivent pas être le moteur principal de votre décision d’ouverture de PER. Néanmoins, ils rassurent les épargnants hésitants : en cas de coup dur ou de projet immobilier majeur, l’épargne n’est pas hermétiquement bloquée jusqu’à 62 ou 64 ans. Là encore, une analyse au cas par cas, avec simulation chiffrée, est recommandée avant de procéder à un rachat anticipé qui viendrait entamer votre capital retraite.

Gestion pilotée horizon et profils d’allocation personnalisés

Méthodologie de désensibilisation progressive selon l’âge

Par défaut, le PER Suravenir est proposé en gestion pilotée à horizon, un mode de gestion dans lequel l’allocation d’actifs est automatiquement ajustée au fil du temps en fonction de votre âge et de votre horizon de placement. Concrètement, lorsque vous êtes loin de la retraite (20 à 30 ans ou plus), la part d’unités de compte dynamiques (actions, immobilier, diversifiés) est plus importante, afin de chercher un rendement supérieur sur le long terme. Puis, à l’approche de l’âge de liquidation, la gestion se « désensibilise » progressivement, en réallouant le capital vers le fonds euros retraite.

Cette méthodologie repose sur un principe simple : le risque doit diminuer à mesure que l’échéance se rapproche, pour éviter qu’une forte correction des marchés à quelques mois de la retraite ne vienne amputer significativement votre capital. On peut comparer cette approche à l’atterrissage d’un avion : tant que l’on est en croisière, la vitesse est élevée, mais plus l’aéroport approche, plus le pilote réduit la puissance des moteurs pour poser l’appareil en douceur. La gestion à horizon joue ce rôle de pilote automatique, en évitant à l’épargnant d’avoir à arbitrer lui-même entre fonds euros et UC à intervalles réguliers.

Profils prudent, équilibré et dynamique : répartition actifs risqués

Au sein de la gestion à horizon du PER Suravenir, l’épargnant peut choisir entre plusieurs profils de risque : prudent, équilibré ou dynamique. Le profil prudent privilégie le fonds euros et des UC peu volatiles (obligataires, diversifiés défensifs), avec une part d’actions généralement limitée à 20‑30 % en début de vie du contrat, puis en diminution rapide. Le profil équilibré, souvent sélectionné par défaut, répartit plus généreusement l’exposition actions/immobilier (40‑60 % en phase de constitution) tout en conservant une poche de fonds euros significative.

Le profil dynamique, enfin, se caractérise par une allocation plus offensive : la part d’actifs risqués (actions internationales, fonds sectoriels, immobilier coté, private equity via UC) peut monter jusqu’à 70‑80 % pour les jeunes épargnants, avant de décroître graduellement. Le choix du profil dépend de votre tolérance au risque, de votre horizon de retraite, mais aussi de votre patrimoine global (présence d’immobilier en direct, d’épargne de précaution, de comptes-titres, etc.). En pratique, rien n’empêche de réviser ce choix en cours de route si votre situation évolue (héritage, changement de statut professionnel, rapprochement de l’âge de la retraite).

Unités de compte éligibles : SCPI, ETF et fonds thématiques

Que vous optiez pour la gestion pilotée ou pour la gestion libre, le PER Suravenir met à votre disposition un univers d’unités de compte riche et diversifié. On y trouve des fonds actions classiques (Europe, États‑Unis, émergents), des fonds obligataires (investment grade, high yield, dette émergente), des fonds diversifiés flexibles, mais aussi des SCPI et SCI permettant d’accéder à l’immobilier de bureaux, de commerces, de santé ou logistique, sans gestion locative directe. Ces supports immobiliers sont particulièrement appréciés pour leur capacité à générer des revenus locatifs réguliers (même s’ils ne sont pas distribués en cash au sein du PER, mais réinvestis dans le contrat).

Pour les investisseurs sensibles aux frais, la présence d’une gamme de trackers/ETF est un point fort : ces fonds indiciels répliquent la performance de grands indices (MSCI World, S&P 500, STOXX Europe 600, émergents) avec des frais internes souvent inférieurs à 0,30 % par an. Ils constituent une brique intéressante pour construire, en gestion libre, une allocation diversifiée et peu coûteuse. Enfin, Suravenir référence de plus en plus de fonds thématiques (technologies, santé, climat, infrastructures, intelligence artificielle) et de fonds labellisés ISR, qui permettent de donner du sens à son épargne retraite tout en espérant capter des tendances de long terme.

Comparatif PER suravenir versus PER spirica, eres et generali

Face à la profusion de PER individuels sur le marché, comment situer objectivement le PER Suravenir par rapport à quelques concurrents emblématiques comme Spirica (via Linxea Spirit), Eres ou Generali ? Sur le plan des frais, le PER Suravenir en ligne se positionne parmi les meilleurs : 0 % de frais d’entrée, 0,60 % de frais de gestion sur les UC et 0,80 % sur le fonds euros, arbitrages gratuits. Le PER Linxea Spirit assuré par Spirica fait légèrement mieux sur les UC (0,50 %) mais impose parfois une garantie en capital partielle sur son fonds euro nouvelle génération, ce qui peut dérouter les profils les plus prudents.

En termes de performance du fonds euros, Suravenir se situe dans le haut du panier avec 3 % net en 2024, proche ou légèrement en dessous de certains fonds opportunistes de Spirica, mais au‑dessus de bon nombre de PER bancaires classiques. Eres, de son côté, se distingue davantage par la qualité de sa gestion financière déléguée et son offre très orientée vers les unités de compte patrimoniales, avec des frais parfois un peu plus élevés. Generali propose une gamme de PER large, mais ses contrats distribués en réseau traditionnel comportent encore souvent des frais sur versement et des frais de gestion plus lourds, ce qui pèse sur la performance nette à long terme.

Sur l’univers d’investissement, le PER Suravenir offre un compromis équilibré : suffisamment de supports (plus de 300 UC, dont SCPI, SCI, ETF, fonds ISR et thématiques) pour construire une allocation fine, sans tomber dans une surabondance qui perdrait l’épargnant. Spirica va plus loin avec plus de 700 UC, des titres vifs et une offre de private equity très fournie, ce qui parlera aux investisseurs avertis. Eres et Generali misent davantage sur la qualité de sélection des fonds et l’accompagnement en gestion pilotée via les réseaux de CGP. Au final, le PER Suravenir apparaît comme une solution robuste et compétitive pour la plupart des profils, en particulier pour ceux qui recherchent un bon rapport qualité/prix avec un fonds euros performant, des frais contenus et une gestion à horizon simple à utiliser.